Je m’appelle Muriel. J’ai cinquante sept ans et une certitude intime qui ne m’a jamais quittée même dans les périodes les plus sombres. La transformation est possible. Elle ne surgit pas comme un miracle soudain. Elle se construit, patiemment, courageusement, à travers des choix conscients, parfois invisibles aux yeux du monde, mais déterminants pour soi-même.
J’ai grandi dans un foyer croyant, au sein d’une grande famille protestante. Mes parents m’aimaient. Je ne l’ai jamais remis en question. Leur amour était réel, sincère, porté par ce qu’ils savaient faire de mieux avec leur propre histoire, leurs repères et leurs convictions. Pourtant, au milieu de cet amour, j’ai aussi grandi dans un cadre très structuré, fortement imprégné de règles, de croyances et d’une programmation religieuse intense qui ne me correspondait pas. Très tôt, j’ai senti un décalage intérieur. Une sensation diffuse de ne pas pouvoir être pleinement moi.
À l’âge de onze ans et demi, un traumatisme vient marquer un point de bascule. Comme souvent chez les enfants, je n’avais pas de solutions. Alors je me suis réfugiée ailleurs. Dans la musique, dans l’écriture. Les mots et les notes tournaient dans ma tête. J’écrivais en cachette. Je créais en silence. L’école n’était pas un lieu refuge pour moi. Je supportais mal les injustices, et j’en ai subi plusieurs. Je me sentais souvent en pilotage automatique, comme si ma vie se déroulait sans que je puisse réellement choisir, conduire, m’orienter.
À dix huit ans, je me marie en croyant que partir serait synonyme de liberté. Cette décision, je l’ai longtemps regardée avec dureté. Aujourd’hui, je la regarde avec lucidité et compassion pour la jeune femme que j’étais. Ce mariage m’a enfermée dans une relation profondément déséquilibrée, marquée par l’absence, la manipulation, le contrôle et la peur. Mon fils naît deux ans plus tard, en situation de handicap. Commence alors une longue traversée faite de luttes, d’épuisement, de vigilance constante et de combats invisibles.
La violence de l’histoire n’était pas seulement conjugale. Elle était systémique. Surveillance, manipulations, intimidation, injustice judiciaire, maltraitances institutionnelles, indifférence. Ce que j’ai traversé n’est malheureusement pas un cas isolé. C’est une réalité que vivent de nombreuses familles, souvent dans le silence.
Divorcer m’a redonné un premier souffle de liberté, sans pour autant mettre fin à l’emprise. J’ai appris, souvent dans la douleur, que se libérer physiquement ne signifie pas toujours être libre intérieurement. Il m’a fallu du temps, du soutien et une immense persévérance pour continuer d’avancer.
Puis il y a eu le monde du travail, avec son lot de discriminations et de harcèlement. Trois années de combat juridique ont été nécessaires pour faire reconnaître mes droits. Une victoire, oui, mais surtout une confirmation intérieure. Je n’étais pas folle. Je n’étais pas faible. J’étais debout.
Le bien être entre véritablement dans ma vie. Non pas comme une tendance, mais comme une nécessité vitale. Je me forme, j’explore, j’apprends. J’obtiens plusieurs certifications. J’écris, je publie des livres et des articles. Je reçois une récompense en deux mille huit. La création devient un espace de réparation et de transmission.
Ma vie affective se transforme elle aussi. Depuis vingt trois ans, je partage ma vie avec un homme présent, engagé, profondément humain. Une relation stable, vivante, soutenante. Un amour qui ne sauve pas, mais qui accompagne. Un amour qui a su ouvrir mon cœur et mon esprit, me montrer que la sécurité affective existe, sans domination ni effacement de soi.
J’ai aussi connu d’autres bouleversements. Deux enfants issus d’une autre histoire, puis la perte de leur père durant leur adolescence. Des blessures profondes, en particulier pour mon deuxième fils. Puis, récemment, l’épreuve indicible de la perte de mes deux petites filles. Certaines douleurs ne disparaissent jamais. Elles se transforment. Elles nous obligent à trouver un sens plus vaste pour continuer de vivre.
Aujourd’hui, je sais que se relever est possible. Je sais que la transformation profonde n’est ni magique ni instantanée. Elle est un processus global, qui engage le corps, l’esprit, les émotions et l’âme. L’hypnose, le développement personnel, le journaling, l’écriture thérapeutique et l’entrepreneuriat aligné ont été pour moi des leviers puissants de reconstruction et d’indépendance.
J’ai cocréé ma vie, pas à pas. J’ai choisi de ne plus subir. J’ai choisi de transformer plutôt que de fuir. C’est cette voie que je propose aujourd’hui. Avec honnêteté, profondeur et respect du rythme de chacun. Parce que je sais, par expérience vécue, que la transformation intérieure est possible, même après les tempêtes les plus violentes.
Et surtout, parce que je crois profondément que chaque être humain mérite une vie alignée, consciente et libre.
À vos côtés,
Muriel F.
